By Matthieu BOURGAIN
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Katia DAHMANI partage avec nous son expertise en tant que chargée de missions maîtrise de l’énergie pour l’ATEE.

 

ATEE et Maîtrise de l’énergie

Quelle est votre mission au sein de l’ATEE ?

L’activité historique de l’ATEE est de faire progresser la maîtrise de l’énergie. Ma mission principale est de fédérer l’ensemble des référents énergie du territoire. Via ce réseau animé par l’ATEE, nous cherchons à développer les compétences et bonnes pratiques pour une meilleure gestion de l’énergie dans les usines.

Vous côtoyez donc de nombreux industriels, comment perçoivent-ils la maîtrise de l’énergie ?

La transition écologique est souvent synonyme de développement EnR voire de gestion des déchets. Elle ne se fera pas sans le volet performance énergétique qui vise à réduire les consommations énergétiques.

Dans le secteur industriel, selon le poids de la facture, l’approche est différente. Pour les électro-intensifs, dont l’impact de la facture est supérieur à 25% des coûts de production, maitriser l’énergie est une question de survie. Pour les industriels dont la part est de 5 à 10% le management de l’énergie est plus un levier de compétitivité. En revanche pour les secteurs dont ce ratio ne dépasse pas 5% les actions misent en place sont surtout des opportunités, il n’y a pas de réelle stratégie d’entreprise.

 Quelles est la principale recommandation de l’ATEE pour la maîtrise de l’énergie ?

Si je devais résumer la vision de l’ATEE sur la maîtrise de l’énergie je dirais « Mesurer pour connaitre ».

Concernant la mesure des consommations quelle est l’attitude des industriels ?

Il y a une vraie prise de conscience depuis quelques temps. La mesure se démocratise pour mettre en place une démarche de gestion de l’énergie. Pour certains ça reste un simple tableur Excel, pour d’autres ce sont des solutions avancées de télérelève avec des outils logiciels pour exploiter les données. L’ATEE a d’ailleurs rédigé des guides sur ces solutions.

 

Des aides pour lever des verrous

Quels sont les freins que vous avez identifié dans le cadre de votre mission ?

La première difficulté est souvent la justification de l’investissement. Les industriels attendent des retours sur investissement qui sont très courts. Or le prix de l’énergie n’est pas « suffisamment » élevé pour attirer l’attention de certains dirigeants.

Un autre point est le manque de temps et de compétences du référent énergie. D’après une enquête de l’ATEE, on estime qu’ils passent seulement 15% de leur temps à la gestion de l’énergie.  De plus, on confie la responsabilité des performances énergétiques à des profils variés : QHSE, acheteur, responsable maintenance…

Comment l’ATEE contribue à lever ces verrous ?

L’ATEE publie des guides pratiques et organise de nombreux colloques et des visites de sites dans toute la France pour informer et partager les bonnes pratiques.

En plus du mécanisme CEE classique avec les fiches standardisées, l’ATEE porte également deux programmes CEE :

  • Le programme PRO-SMEn qui récompense les entreprises certifiées ISO 50001 par une prime, s’élevant à 20 % de leurs dépenses énergétiques annuelles, plafonnée à 40 000€
  • Le programme PRO-REFEI qui vise à former et accompagner 3 000 référents énergie dans l’industrie d’ici fin 2020
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