By Matthieu BOURGAIN
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Contrairement au secteur résidentiel, les économies d’énergie en milieu industriel ne présentent pas de réelles approches génériques, chaque site doit être étudié minutieusement au cas par cas. Cependant, il est possible d’identifier quelques bonnes pratiques pour certains usages significatifs identifié par le méthodologie ISO 50001.

Le chauffage et la vapeur

La production de chaleur et de vapeur représente l’un des postes les plus énergivores, environ 35% des consommations dans les usines proviennent de chaudières, il est donc souvent avantageux d’apporter une attention particulière à cet aspect énergétique. La production et distribution de chaleur/vapeur en milieu industriel est relativement complexe et les causes de déperditions sont nombreuses : mauvaise régulation, réseau mal équilibré, entartrage, chaudière mal isolé, bruleur défaillant, fuites, etc. Une inspection régulière des chaudières et de leurs réseaux est souvent judicieuse et permet d’initier des actions d’économies d’énergie simples à mettre en œuvre.

Le froid

La production de froid est souvent nécessaire sur les sites industriels que ce soit pour du rafraichissement/climatisation d’ambiance ou pour un besoin propre au process. Cet apport en froid est réalisé via des tours de refroidissement ou encore des groupes froids. Ces équipements sont souvent contrôlés du fait des réglementations qui s’appliquent sur les fluides frigorigènes ou encore sur les risques de légionellose. Par conséquence, les responsables de site sont souvent réticents pour réaliser des économies d’énergie sur ces installations sensibles. Pourtant, une simple revue des consignes de régulation ou une redéfinition des besoins peuvent être des pistes d’économies d’énergie.

Le traitement d’air

La récupération de calories sur l’air extrait est une des actions d’économies d’énergie qui améliore le plus les performances thermiques d’un site. En effet, il faut engager une puissance non négligeable pour chauffer (ou refroidir) un volume d’air, or le fait de préchauffer (ou pré-refroidir) ce volume peut dégager de belles économies d’énergie.

L’enveloppe thermique du bâtiment

Les usines sont très souvent des environnements complexes où l’isolation et l’étanchéité à l’air sont négligées. Les actions d’économies d’énergie liées à l’enveloppe du bâtiment nécessitent souvent un lourd investissement mais il est possible de cibler des actions simples qui vont rendre le bâtiment plus efficient. A titre d’exemple, la minimisation du temps d’ouverture des portes en périodes froides peut réduire significativement la facture de chauffage. Même si les performances thermiques des locaux industriels ne présent pas les mêmes gisements d’économies que les logements résidentiels il faut bien garder à l’esprit que des actions d’économies d’énergie pertinentes sont accessibles aux industriels.

 

L’air comprimé

L’air comprimé est largement utilisée dans le milieu industriel pourtant c’est une énergie qui coûte très chère et qui est souvent mal maîtrisée. En effet, le rendement total d’une installation (de la production au niveau du compresseur jusqu’au point d’utilisation) est très faible, en moyenne de l’ordre de 10% seulement. Ainsi le prix moyen d’un Nm3 d’air comprimé à 7 bars est compris entre 0,6 et 3 centimes d’euros. En effectuant des actions préventives et correctives régulières (réparation des fuites, etc.) et en suivant de près la consommation en air comprimé il est possible de réaliser des économies d’énergie substantielles.

 

L’éclairage

L’éclairage en milieu industriel est un élément clé car il joue un rôle dans les conditions de travail. L’éclairage représente un budget plus ou moins élevé de la facture énergétique globale mais le potentiel d’économies y est important. Même si un atelier doit garder un taux d’éclairage minimum il faut tout de même veiller à ne pas sur-éclairer les locaux et favoriser l’éclairage naturel. De plus, des technologies LED réduisent d’environ 20% à 40% la consommation liée à l’éclairage. Certains retours d’expériences montrent que les actions d’économies d’énergie sur l’éclairage ont réduit la facture électrique tout en améliorant également les conditions de travail (meilleur confort, baisse du risque d’accidents, etc.).

 

Les économies d’énergie du process

L’outil de production est souvent un aspect sensible chez les industriels. Les responsables de production voient parfois d’un très mauvais œil des modifications de certains paramètres ou l’ajout d’équipements visant à améliorer les rendements énergétiques. Pourtant, c’est souvent le process qui représente la part la plus importante de la consommation d’énergie du site et qui doit donc faire l’objet d’une attention particulière. Tous les procédés sont différents est doivent être étudiés au cas par cas mais des actions d’économies d’énergie simples peuvent tout de même constituer des gisements de gains comme la mise en veille des machines hors production.

 

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